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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 12:57


Le lieu propre à une époque de crise

J’ai trouvé votre vidéo très originale sur la façade de Dressing Free’P’Star. Votre expression se trouve là pour tous les passants et elle fait rêver. Les Nageuses sont pleines d’activismes chromatiques, virtuels et bien artistiques. Elles diffusent de la violence intime, cette ultime flamme qui semble ne jamais s’éteindre dans les veines de l’artiste. Ce lieu artistique, le vôtre, pas celui, alternatif de la maison de « freeps », on finirait toujours par le croiser. Inexorablement, votre art répond à cette époque de crise, où la démocratisation des moyens artistiques reste un impératif.


L’histoire vraie d’un passant qui ne voit point et d’autres qui s’arrêtent

Un jeune homme est passé, pendant que je regardais votre vidéo. Il a parlé à son interlocuteur : « je passe à côté de beaucoup de choses ». Sans le savoir, il avait raison, car il passait devant Les Nageuses sans même s’en rendre compte. Mais heureusement, d’autres se sont arrêtés devant, et se sont approchés de très près.
 

Celui qui pense que Les Nageuses donnent indubitablement un statut artistique à Dressing Free’P’Star n’a pas tort. C’est un endroit de croisements et de passage comme l’art qui l’est en plus. Oui, c’est là, dans ce lieu que vos nageuses se succèdent. Elles semblent vivre telles des sirènes dans les eaux profondes de l’imaginaire. Elles coulent sur des mers de larmes de sang.


Ici l’art visuel croise ces carrefours de passage, aux nuances et couleurs bien allumées

La vidéo a l’art de diffuser des couleurs bien allumées.
 

Au fil des heures, Les nageuses traversent ces fleuves, ces rivières, on n’en sait, remplis de couleurs et de matérialités virtuelles… Elles flottent, elles glissent, elles sillonnent des plages imaginaires, là lointain et ici très près, où nous voyons sans voir ces lieux incertains dans l’axe visuel d’un point d’aveuglement.


Les nageuses glissent sur les prunelles noires de nos yeux éclaboussés de lumières et sur des larmes de sang

Vos nageuses glissent sur des larmes de sang et sur ces flots imaginaires des prunelles noires de nos yeux éclaboussés de lumières. Une extrême violence s’en dégage. Des tâches de couleurs, des bleus très électriques se métamorphosent en chair, en corps gracieux de nageuses, en esprit - l’essence visuelle. Parfois des graphismes synthétisent la matérialité virtuelle corporelle.
 

Le plus beau : le noir étincelle tel un diamant noir dans les plages sur lesquelles vos nageuses évoluent. Il y a de la réverbération de la lumière, des éclaboussures scintillantes dans ces rivages ténébreux et profonds. 

Nous avons de quoi ne pas nous en douter : il y a de la lumière dans l’ombre ! 

Il ne suffit que de repenser à vos jaunes chargés de « dramacité » : ils sont devenus des coulées de feu, en dessinant des flammes, tout comme de l’ambre fondu, ou de la lave d’un volcan en éruption et coulant sur cet océan frappant de mers de sang.

 

Mariano Néto, Paris, le 1 mai 2010.

Mariano Néto
artiste plasticien
docteur en arts plastiques, Université de Paris I Panthéon Sorbonne

 

 

Plus d'informations sur l'exposition...

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Published by Le dressing - dans 2010
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